Téléphone à tout filmer : le phénomène du « happy slapping »
Lundi 24 avril 2006, un événement bouleversant a révélé le phénomène du « happy slapping », littéralement « joyeuses baffes ».
En effet, dans une classe d’un lycée à Porcheville dans les Yvelines (78), un élève a filmé avec son portable un de ses camarades agressant son enseignante. La scène, très violente, s’est retrouvée sur l’Internet.
Dans les rues, les établissements scolaires, les lieux publics…, des jeunes gens attaquent ou brutalisent une personne choisie au hasard tandis qu’un complice filme la scène avec son portable. La vidéo circule ensuite de portables en portables et atterrit sur des blogs, sites Internet spécialisés ou sur les plates-formes d’échanges Peer-to-Peer.
Les établissements scolaires sont particulièrement touchés et les incidents dus à cette mode y sont répandus. Tout est filmé : les provocations, les agressions et même les actes et abus sexuels !
Cette utilisation du téléphone portable fait partie des multiples dérives que nous déplorons tous aujourd’hui.
En effet, de plus en plus de jeunes téléchargent sur leurs téléphones des vidéos et images violentes via des sites Internet et les envoient à leurs camarades de classes, amis, connaissances,…
La question que nous nous posons tous est de savoir ce que les personnes risquent à filmer de telles agressions.
Il faut savoir que la loi est en train de changer. Les auteurs des vidéos seront bientôt considérés comme complices de ceux qui commettent les délits. Ils risqueront donc des amendes et des peines de prison.
La procureure de la République du tribunal correctionnel de Versailles a ainsi requis 13 mois de prison à l’élève du lycée à Porcheville qui a agressé son enseignante. Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 15 mars.
Quant au lycéen qui a filmé la scène, il est mis en examen dans le cadre d’une autre procédure, pour » non assistance à personne en danger et atteinte à la vie privée « . Il devrait être jugé le 12 juin prochain.
De tels actes sont répréhensibles car ils violent la vie privée des victimes qui se sentent vulnérables et impuissantes. La plupart d’entre elles ressentent également une certaine honte vis-à-vis de ce qui s’est produit car elles sont sous le choc.
Or cela est totalement inadmissible dans le sens où elles sont les cibles d’actes violents totalement condamnables !
Le « happy slapping » ne devrait pas être considéré comme un jeu « à la mode » car les victimes restent marquées à vie.





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