Quand le porno arrive sur les portables de nos ados

Le chiffre a de quoi faire réagir. Selon une étude de Calysto , qui travaille avec le ministère de l’Éducation nationale, 82 % des 11-13 ans sont “tombés sur des contenus choquants” en surfant sur Internet. Des contenus violents, racistes, antisémites, pornographiques…
1 Des comportements volontaires
Certes, aujourd’hui, cette “tendance est à la baisse”, relativise le président de Calysto, Thomas Rohmer. Mais, les comportements évoluent. Et le hasard n’entre plus en jeu : de plus en plus, “les enfants vont chercher eux-mêmes des contenus pornographiques et les chargent sur leur téléphone portable”, relève Thomas Rohmer. “Ce qui nous inquiète, c’est que cela concerne des enfants assez jeunes, même en dessous de 11 ans.” Le phénomène s’invite peu à peu dans les cours de primaire… Avec toute la naïveté qui l’anime. Un point rassurant tout de même, les plus âgés (les 13-17 ans), deviennent, eux, plus “conscients” des dérives et “plus responsables”.
2 L’inefficacité du filtre parental
Le filtre parental a été imposé aux fournisseurs d’accès sous le gouvernement Villepin (2005). “Mais on n’a jamais constaté un décollage en terme d’installation”, souligne Thomas Rohmer. “On a eu tord de le présenter comme LA solution. Pour les parents qui l’utilisent, il devient même handicapant dans l’usage du PC. Le fils de 5 ans sera protégé, mais celui de 18 ans ne pourra pas faire une recherche sur les spermatozoïdes dans le cadre d’un cours par exemple.”
3 La banalisation dans les médias
Quant au porno, “il faut désacraliser ses contenus”, estime le président de Calypso. “La pornographie en France est réglementée mais pas illégale. Internet vient brouiller les pistes.” Dans ce cas, est-ce vraiment la faute d’internet ? “Il y a une vraie réflexion de fond, sociétale, à mener. Les médias jouent un rôle. On est abreuvé d’images à caractère sexuel, à tel point que nous, adultes, nous n’y prêtons plus attention. Les enfants ne sont pas idiots, ils s’en aperçoivent. Et, franchement, a-t-on besoin par exemple de vendre un pot de yaourt avec une femme à moitié à poil ?”
Par Audrey CARON le 14/01/2012 – Le Dauphiné






Il n'y a aucun commentaire pour le moment.